Sperme / Liquide séminal
Le sperme est un fluide organique animal expulsé du corps lors de l'éjaculation contenant les spermatozoïdes. Sécrétés par les organes sexuels mâles, les spermatozoïdes contenus dans le sperme ont pour objectif de fertiliser l'ovule de la femelle...
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Définitions :
- Spermatozoïdes et sécrétions éjaculés au moment de l'orgasme masculin. (source : chuv)
- (gr. sperma, semence). Syn. liquide spermatique, liquide séminal. Liquide opaque, blanchâtre, floconneux, d'odeur caractéristique, émis... (source : nzdl.sadl.uleth)
- liquide laiteux déchargé au cours de l'éjaculation qui contient des sécrétions de la prostate, des vésicules séminales et de la glande... (source : petitmonde)
Le sperme est un fluide organique animal expulsé du corps lors de l'éjaculation contenant les spermatozoïdes. Sécrétés par les organes sexuels mâles, les spermatozoïdes contenus dans le sperme ont pour objectif de fertiliser l'ovule de la femelle et ainsi entamer le processus de reproduction. Chez les mammifères, le spermatozoïde possède soit un chromosome sexuel X, soit un chromosome sexuel Y. Le chromosome du spermatozoïde décidera du sexe de l'œuf.
Rôle dans la reproduction
Sécrétion
Le sperme est une combinaison de plusieurs fluides dans lequel les spermatozoïdes sont maintenus en vie pour une courte durée.
Ce liquide physiologique est composé, chez l'homme, par le liquide prostatique, le liquide de vésicules séminales mais aussi le liquide sécrété par les glandes de Cowper.
L'éjaculat est constitué de l'émission successive ou quasi-simultanée :
- du liquide sécrété par les glandes de Cowper ;
- des sécrétions prostatiques (environ 20 % du volume de l'éjaculat)
- des sécrétions des épididymes, puis des déférents (environ 20 % du volume de l'éjaculat)
- du produit des vésicules séminales (60 % restant du volume, contenant les spermatozoïdes)
Les proportions respectives de ces sécrétions fluctuent selon l'individu, son âge, les circonstances (cf. délai qui sépare l'éjaculation de l'éjaculation précédente ou d'autres facteurs…).
Un sperme est reconnu comme normalement fécondant avec une densité en spermatozoïdes comprise entre 20 et 200 millions de spermatozoïdes par millilitre (cm3). En deçà on parle d'oligospermie.
Éjaculation
L'éjaculation est l'émission spasmodique et prompte de sperme. Chez l'homme, la production de sperme débute quelque temps après le début de la puberté. Elle représente le plus fréquemment 2 à 5 ml chez l'homme (1, 5 à 6 ml dans les cas plus extrêmes).
Fécondation
Le sperme peut être délivré directement dans les voies génitales de la femelle ou bien être libéré dans l'environnement, proche des ovocytes de la femelle, comme chez les poissons et de nombreux autres animaux et insectes. Chez ces derniers, les spermatozoïdes sont fréquemment contenus dans des spermathèques.
Aspects physio-pathologiques
Problèmes de qualité
- Aspermie : absence d'éjaculat ou volume de sperme < 0, 5 ml
- Asthénozoospermie : moins de 50 % de spermatozoïdes mobiles une heure après l'éjaculation
- Azoospermie : absence de spermatozoïdes à l'éjaculat
Cryptozoospermie : invisible à l'examen microscopique mais numération entre 10 000 et 100 000 au total - Hypospermie : volume total de l'éjaculat < 2 ml
- Hyperspermie : volume total de l'éjaculat > 6 ml
- Leucospermie : numération des leucocytes > 1 million/ml
- Nécrozoospermie : pas de spermatozoïdes vivants à l'éjaculation
- Oligospermie ou oligozoospermie : numération de spermatozoïdes < 20 millions par ml ou < 40 millions par éjaculat
- Oligospermie sévère : numération de spermatozoïdes < 5 millions par ml
- pH : il doit être compris entre 6, 5 et 8 ; hors de cette fourchette, le sperme perd de son pouvoir fécondant
- Polyspermie ou polyzoospermie : numération de spermatozoïdes > à 200 millions par ml
- Tératozoospermie : moins de 30 % de spermatozoïdes normaux
L'examen médical analysant la qualité du sperme est un spermogramme et/ou un spermocytogramme. Ces examens sont reconnus comme servant à poser un diagnostic d'une grande valeur prédictive[1], mais ils ne peuvent apporter que des indices sur les causes des problèmes observés.
Si une spermoculture est envisagée, le patient a été invité à se laver soigneusement les mains et le pénis (décalotté) avant de se masturber. L'échantillon est manipulé avec du matériel stérile (sans seringues en plastique ni aiguilles hypodermiques qui perturbent la qualité du sperme et surtout la mobilité des spermatozoïdes ; il n'est manipulé, par aspiration douce, dans un matériel stérile et chimiquement neutre, toujours après sa liquéfaction naturelle pour ne pas influer sur la qualité du sperme).
Le médecin observe aussi, hormis le volume de l'éjaculat :
- l'apparence du sperme, à température ambiante, avant et immédiatement après le temps de liquéfaction : le sperme normal est homogène, visqueux, opaque et gris opalescent. Il se liquéfie après un certain temps (changement de phase). Sa transparence est un indice d'une concentration trop basse en spermatozoïdes. Une couleur brunâtre indique qu'il contient des hématies provenant du sang.
- le temps de liquéfaction (dans l'heure qui suit l'éjaculation).
- le pH, mesuré moins d'une heure après l'éjaculation, en déposant une goutte de sperme sur du papier pH, après au moins 30 secondes (lorsque la couleur de la tache imprégnée est uniforme). Le pH doit être particulièrement un peu alcalin ; compris entre 7, 2 et 8.
- sa consistance et sa viscosité (étudiée par la façon dont il s'écoule à l'extrémité d'une pipette de 5 ml ; normalement, il s'écoule sous la forme de gouttes bien scindées, sans filaments entre chaque goutte. La longueur du filament qui couvre sous une baguette de verre préalablement trempée dans le sperme peut aussi être mesuré.
Un sperme trop peu fluide, c'est-à-dire trop riche en mucus rend plus complexe les mesures de motilité et de concentration en spermatozoïdes, de même que la détection des anticorps peut-être fixés sur les spermatozoïdes. - l'agglutination de spermatozoïdes, qui est un indice de processus immunologique. Si le microscope montre des spermatozoïdes mobiles, mais attachés entre eux par la tête, par la pièce intermédiaire, par le flagelle ou de manière «mixte» (tête-flagelle par exemple), un problème immunologique d'infertilité est soupçonné (à confirmer par d'autres observations). l'agglutination est mesurée et décrite sous microscope (en pourcentage moyen de spermatozoïdes agglutinés, à 5 % près), par comptage sur 10 champs choisis au hasard dans l'échantillon observé. L'observateur signale aussi l'éventuelle présence de petits agglutinats épars et le type d'agglutination.
Par convention, l'agglutination décrit l'accolement anormal de spermatozoïdes mobiles. Elle ne doit pas être confondue avec des aggrégats de spermatozoïdes immobiles ou spermatozoïdes mobiles aggrégés à des filaments de coagulum ou à des débris cellulaires (qui doivent aussi être notés par l'observateur).
Composition
Composition chimique et biochimique
Le sperme contient de nombreux éléments nourriciers pour le spermatozoïde : vitamines C et B12, sels minéraux comme le calcium, le magnésium, le phosphore, le potassium et le zinc, des sucres (fructose et sorbitol).
Il contient aussi des traces d'hormones, dont la testostérone.
Il peut aussi contenir des traces de polluants
Il peut contenir des anticorps montrant une réaction de l'organisme contre ses spermatozoïdes, Il existe de rares cas d'allergie au liquide séminal[2], [3], [4]. L'allergie féminine au sperme semble rare. Elle se traduit le plus souvent par un œdème (gonflement) des muqueuses, avec prurit à l'endroit où il y a eu contact avec le sperme. Dans les cas graves (très rares), un choc anaphylactique est envisageable. L'allergie est confirmée par des tests allergologiques et la femme s'en protège par l'usage du préservatif. Une fécondation in vitro (FIV) reste envisageable (simple ou en micro-injection intracytoplasmique (ICSI) ).
Risque sanitaire
Le sperme est l'agent contaminant, mais fréquemment non exclusif, des infections sexuellement transmissibles : SIDA, hépatites : B et C, etc.
Vision historique
Pendant l'Inquisition
Le Malleus Maleficarum, ouvrage rédigé en 1486 par deux inquisiteurs dominicains sous Innocent VIII, traite de la sorcellerie. Quatre ans après sa parution, il est interdit par l'Église catholique en 1490, il connaît sous le manteau un grand succès d'édition.
Il y est expliqué surtout comment les démons s'emparent de la substance masculine pour la transporter auprès des femmes : le démon prend la forme d'un succube pour récolter «la semence d'un homme scélérat». Il la transmet à un incube «détaché auprès d'une femme». Cette dernière va ainsi concevoir un enfant, sans qu'il y ait eu proprement une relation sexuelle : c'est la génération idéale par les femmes. Pour les auteurs, cela sert à conserver une filiation humaine à l'engendré de ce type de génération[5].
Le premier concile de Braga vers 561 s'était néenmoins élevé contre de telles conceptions[6] :
- «Canon 12 : Si quelqu'un dit, avec Manichée et Priscillien, que nos corps sont l'ouvrage du diable, que c'est lui qui les a constitués dans le sein de nos mères et que, donc il n'y a pas de résurrection de la chair, qu'il soit anathème.»
- «Canon 13 : Si quelqu'un, au lieu de rapporter à Dieu la création de la chair, l'attribue aux mauvais anges, qu'il soit anathème»
Chez les Baruyas
Les Baruyas[7] forment une population habitant la Nouvelle-Guinée occidentale en Indonésie. Le sperme s'appelle lakala alieu, c'est-à-dire «l'eau du pénis». Il apporte la force et la vie. Selon leur représentation, l'enfant à naître est nourri par le sperme de son père.
Notes et références
- ↑ Cf. publications des travaux des équipes de Jouannet en France, Kruger en Afrique du sud et Mortimer en Australie
- ↑ L'allergie au sperme peut aller du simple prurit vulvaire au choc anaphylactique, Le Quotidien du Médecin du 26 avril 2000
- ↑ Allergie au sperme, Pr Francisque Leynadier, Revue française d'allergologie et d'immunologie clinique, 2000
- ↑ Allergie gynécologique au liquide spermatique, à propos d'une observation, S. Jacob, J. Leveque, J. Dugast, P. Minoui, M. Dleaval, J. Y. Grall, J. Gynecol. Obstét. Biol, 1997
- ↑ Dans son ouvrage le cauchemar, le psychanalyste Ernest Jones attribue aux fruits des relations entre mortels et êtres surnaturels des personnages renommés tels que Robert, père de Guillaume le Conquérant, Luther, Merlin (issu d'un Incube et d'une nonne, fille de Charlemagne), César, Alexandre le Grand, Platon, Scipion l'Africain, et toute la race des Huns. Il cite Peter Sinistrari qui, au XVIIe siècle soutenait que les incubes n'étaient pas des démons mais des êtres intermédiaires entre les hommes et les anges.
- ↑ Dictionnaire des Conciles - Abbé Migne - 1847
- ↑ Maurice Godelier - Métamorphoses de la parenté - Fayard 2004 (ISBN 2213614903)
Compléments
Voir aussi
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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 05/11/2009.
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